Ménopause : traitement hormonal substitutif

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Qu'est-ce qu'un traitement hormonal substitutif (THS) ?

Le traitement hormonal substitutif consiste à administrer les hormones qui lors de la ménopause ne sont plus sécrétées par les ovaires.

Ces hormones (œstrogène et progestérone) sont très proches des hormones naturelles.

Les œstrogènes se présentent en France sous forme de gels, de timbres cutanés (patchs) et de comprimés. Les progestatifs sont sous forme de comprimés. Il existe des comprimés associant œstrogènes et progestatifs.

Certains de ces traitements font réapparaître les règles et d'autres non, à vous de voir ce que vous préférez et d'en discuter avec votre médecin.

Ménopause : effets bénéfiques du traitement hormonal substitutif

Le THS agit rapidement, on constate ses effets bénéfiques sur les symptômes de la ménopause en moins d'un mois.

Il a des actions bénéfiques sur l'ensemble des  troubles climatériques de la ménopause :

  • Les bouffées de chaleur, sudations nocturnes.
  • La sécheresse vaginale.
  • La fatigue et les troubles de l'humeur (déprime, anxiété...).
  • La baisse de libido.
  • L'élasticité de la peau, diminution des rides.
  • Les cheveux et poils restent abondants, la pilosité inesthétique disparaît.

Le THS agit aussi sur la prévention de l'ostéoporose secondaire à la ménopause. En effet, les œstrogènes s'opposent à la décalcification des os. En France, le THS n'est pas prescrit dans le seul but de prévenir l'ostéoporose.

Le THS aurait également un effet favorable sur la mémorisation, les œstrogènes protégeant les fonctions intellectuelles.

Les contre-indications du THS

Ce traitement est contre-indiqué chez les personnes ayant :

  • Des antécédents de thrombose veineuse profonde (phlébites profondes par exemple).
  • Des antécédents personnels de cancer du sein.
  • Certaines maladies (connectivites, hépatites aiguës...).

Ce traitement n'est pas recommandé chez les personnes avec :

  • Antécédent d'infarctus du myocarde.
  • Antécédent de maladie coronarienne.
  • Endométriose sévère.

Le traitement hormonal substitutif : efficace mais controversé 

Pendant longtemps, du fait des bénéfices admis, un THS était largement proposé aux femmes ménopausées et prescrit parfois pour de longues durées.

Des études menées à l'étranger ont mis en lumière un certain nombre de complications associées à ce traitement. Ainsi, chez les femmes les ayant pris plus de 5 ans, les traitements hormonaux de la ménopause œstroprogestatifs (combinaison d’œstrogènes et de progestatifs), on retrouve une augmentation du risque de :

  • cancers du sein, le risque diminue ensuite 5 ans après l’arrêt du traitement ;
  • cancer de l’endomètre (ce risque augmente pour une prise de traitement hormonal de la ménopause supérieure à 5 ans).

Les THS à base d’œstrogènes seuls sont quant à eux associés aux cancers de l’endomètre (11) et aux cancers de l’ovaire.

On les accuse également d'être responsables :

  • d'accidents coronariens ;
  • d'accidents vasculaires cérébraux (AVC) ;
  • d'accidents thrombo-emboliques veineux.

Ces nouvelles données ont entraîné un débat scientifique et professionnel important et de nombreuses interrogations chez les femmes.

Qu'en penser ?

Les premières études ont été réalisées à l'étranger et peu en France. Or, les produits et formes d'utilisation n'étaient pas les mêmes (hormones plus proches des naturelles en France), il était donc difficile de conclure aux mêmes risques.

De nombreuses autres études ont ensuite montré que l'espérance de vie des femmes ménopausées traitées par THS était la même que celles des non traitées, mais que la qualité de vie était très nettement améliorée sous THS.

Il est admis que le THS ne « donne » pas de cancer du sein, mais pourrait accélérer légèrement son évolution. Cependant comme les femmes sous THS sont plus régulièrement suivies, les cancers du sein découverts sous THS seraient de meilleur pronostic car détectés plus tôt.

D'autre part, tous ces effets ne surviennent que lors de traitements fortement dosés et sur une durée prolongée.

Mais depuis 2018, on dispose de nouvelles données fournies par l'Institut national du cancer. Selon lui, en 2015, en France, l’utilisation de THS a été responsable de plus de 3 100 nouveaux cas de cancers du sein, de l’endomètre et de l’ovaire chez les femmes âgées de 50 ans et plus. Cette même année, 3,4 % des femmes françaises âgées de 50 ans et plus utilisaient un THS, et 30,2 % étaient d’anciennes utilisatrices de THM (leur utilisation a fortement diminué depuis
2003).

De plus, l'ANSM alerte sur l’acétate de nomégestrol (Lutényl® et génériques) et sur l’acétate de chlormadinone (Lutéran® et génériques) utilisés dans la prise en charge de la ménopause (mais aussi des troubles menstruels ou de l’endométriose). En effet, les personnes traitées par acétate de nomégestrol voient leur risque de développer un méningiome multiplié par 3,3 après six mois de traitement, puis par 12,5 après cinq ans de traitement. Pour l’acétate de chlormadinone, le risque est multiplié par 3,4 après six mois et par 7 après trois ans et demi.

La surveillance du traitement hormonal substitutif

A l'heure actuelle, ce traitement est très encadré :

  • Les indications et contre-indications sont bien évaluées.
  • La dose utilisée est la dose minimale efficace.
  • La durée du traitement est réévaluée chaque année (en moyenne pour une durée totale de 5 ans).
  • Une surveillance clinique est réalisée une fois par an (surveillance cardiovasculaire, palpation des seins...).
  • Un dépistage du cancer du sein par mammographie est réalisé tous les 2 ans (comme pour toutes les femmes ménopausées à partir de 50 ans).
  • Les femmes traitées ou ayant été traitées par acétate de nomégestrol (Lutényl et génériques) ou acétate de chlormadinone (Lutéran et génériques) et présentant des symptômes évocateurs d’un méningiome (maux de tête fréquents, troubles de vision, du langage ou de l’audition, vertiges, troubles de la mémoire…) doivent consulter leur médecin qui leur prescrira une imagerie cérébrale (IRM).

Le THS peut nettement améliorer votre qualité de vie et soulager les symptômes de votre ménopause. Ses avantages et inconvénients doivent être discutés et réévalués régulièrement. Votre médecin généraliste et /ou votre gynécologue sont les mieux à même pour savoir si ce traitement est adapté à votre cas. Demandez-leur leur avis.

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